Cancers cutanés

Tout savoir sur les cancers cutanés

L’Institut de Cancérologie de Lorraine offre une prise en soins des cancers cutanés (mélanomes, carcinomes épidermoïdes, carcinomes basocellulaires, cancers plus rares de la peau) dans le cadre du parcours cutané.

Le parcours cutané propose une offre de soins pluridisciplinaire (chirurgie, radiothérapie, oncologie, onco dermatologie et soins de support) tout au long du parcours du patient et la prise en soins est adaptée à chaque patient après discussion en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP).

Les patients au cœur d’un dispositif adapté et personnalisé.

Qu'est-ce que le cancer cutané ?

Il existe deux grands types de cancers cutanés : les carcinomes et les mélanomes.

La peau est considérée comme l’organe humain le plus important en termes de surface. Elle protège le corps des infections et des rayonnements ultraviolets (UV). Elle facilite le contrôle de la température corporelle et l’élimination des déchets organiques par la transpiration. Elle sert également à synthétiser la vitamine D et à stocker les réserves d’eau et de graisse.

Elle peut aussi être atteinte par un cancer. 

En chiffres

Le nombre de nouveaux cas de cancers de la peau a plus que triplé en 40 ans.

Les carcinomes basocellulaires sont les plus fréquents (70% des cancers cutanés).

Les carcinomes épidermoïdes sont plus rares (20%).

Les mélanomes cutanés représentent 10% des cancers de la peau, mais sont les plus agressifs.  C’est l’un des cancers dont l’incidence comme la mortalité ont significativement augmenté depuis 40 ans.

Epidémiologie : données de l’InCa.

Les facteurs de risque principaux du cancer de la peau

Les facteurs de risque du cancer de la peau sont multiples et peuvent être évitables ou individuels : 

  • Facteur de risques évitable : l’exposition aux rayonnements ultraviolets (UV),  principal facteur de risque des cancers cutanés et responsable de plus de 80 % de ces cancers.
    • L’exposition aiguë, intense et intermittente (coups de soleil dans l’enfance/adolescence) : c’est la cause principale du mélanome et du carcinome basocellulaire.
    • L’exposition chronique et cumulée (exposition professionnelle ou de loisir au fil des ans) : elle favorise principalement le carcinome épidermoïde et le carcinome basocellulaire.
    • Les UV artificiels (cabines de bronzage) : augmentent le risque de mélanome.

Les indices UV

Pour connaître l’indice UV de votre localité, consultez les sites ou applications de météorologie. Comme par exemple le site suivant : https://www.soleil.info/meteo-uv

  • Facteurs de risques individuels :
    • Phototype de peau : phototype I et II.
    • Présence d’un grand nombre de grain de beauté.
    • Prédisposition génétique comme l’antécédent familial de mélanome.
    • L’immunosuppression : greffe d’organe, hémopathies malignes…

Les différents phototypes de peau

  • Phototype I : Peau très claire, cheveux roux ou blonds, yeux clairs, nombreux grains de beauté ; ne bronze jamais et attrape toujours des coups de soleil.
  • Phototype II : Peau claire, cheveux blonds ou châtains, taches de rousseur fréquentes ; bronze très difficilement et brûle souvent.
  • Phototype III : Peau intermédiaire, cheveux châtains ou blonds ; bronze progressivement et attrape parfois des coups de soleil.
  • Phototype IV : Peau mate, cheveux châtains ou bruns ; bronze bien et attrape peu de coups de soleil.
  • Phototype V : Peau foncée, cheveux et yeux foncés ; bronze très facilement et brûle rarement.
  • Phototype VI : Peau noire, yeux et cheveux noirs ; ne prend jamais de coups de soleil mais nécessite tout de même des soins adaptés.

Les signes ou symptômes d’alerte du cancer de la peau

Comment faire la différence entre un grain de beauté (bénin) et un mélanome (malin) ? Pour reconnaître les signes qui doivent vous alerter, retenez ces trois points essentiels :

  • Comparez vos grains de beauté entre eux. Chez une même personne, ils présentent généralement un aspect similaire. Un grain de beauté qui paraît différent des autres, appelé le « vilain petit canard », mérite une attention particulière.
  • Surveillez toute évolution. L’apparition d’une nouvelle tache pigmentée ou la modification rapide d’un grain de beauté (taille, forme, couleur ou relief) justifie une consultation médicale.
  • Utilisez la règle ABCDE. Cet outil permet d’identifier les principaux signes d’alerte d’un mélanome et d’évaluer si une lésion cutanée nécessite un avis médical.

Dépistage du cancer de la peau

Le dermatologue réalise un examen complet de la peau afin de repérer d’éventuelles lésions suspectes. Il peut utiliser un dermoscope, un appareil grossissant qui permet d’observer les structures sous la surface de la peau. Chez les personnes présentant de nombreux grains de beauté, des photographies peuvent également être prises pour faciliter leur surveillance dans le temps.

Si vous présentez un risque élevé de mélanome, le dermatologue vous apprendra à pratiquer l’auto-examen de la peau. Cet examen consiste à observer régulièrement l’ensemble de votre corps, y compris les zones difficiles à voir (oreilles, ongles, plante des pieds, espaces entre les doigts et les orteils, organes génitaux…), afin de repérer toute nouvelle lésion ou toute modification d’un grain de beauté.

En cas de lésion suspecte, le dermatologue peut proposer une simple surveillance, une biopsie ou son retrait sous anesthésie locale pour une analyse en laboratoire. Cette intervention est réalisée en cabinet ou à l’hôpital, sans hospitalisation dans la plupart des cas.

Photo protection (recommandations InCa)

Ne pas s’exposer ou rechercher l’ombre au maximum : c’est le meilleur moyen de se protéger. Attention : à la plage, le parasol est utile mais ne protège pas intégralement des rayons du soleil.

En été, éviter impérativement le soleil durant les heures où les rayons solaires sont les plus intenses : entre 10h et 14h en Outre-mer et entre 12h et 16h en métropole.

En cas d’exposition, porter des vêtements couvrants et si possible anti-UV : après l’ombre, les vêtements sont la protection qui stoppe le mieux les UV.  Portez des vêtements longs et amples, un chapeau à bords larges, une paire de lunettes de soleil avec filtre anti-UV (norme CE, catégorie 3 ou 4) et montures enveloppantes.

En complément, appliquer de la crème solaire indice 50 anti-UVB et anti-UVA : toutes les 2h et après la baignade ou le sport (transpiration) sur les parties découvertes du corps (visage, mains, avant-bras, oreilles et dessus du pieds). Même une crème indice 50 ne filtre pas à 100% les UV. L’utilisation d’une crème solaire ne doit pas vous conduire à augmenter la durée d’exposition solaire.

Protection SPF des crèmes solaires

L’indice SPF (Sun Protection Factor), aussi appelé FPS en français (Facteur de Protection Solaire), mesure le niveau de protection d’un soin solaire contre les UVB — les ultraviolets responsables des coups de soleil et des brûlures.

Niveaux de protection et pourcentages

  • SPF 15 : Bloque environ 93 % des UVB.
  • SPF 30 : Bloque environ 96,7 % à 97 % des UVB.
  • SPF 50 / 50+ : Bloque environ 98 % à 99 % des UVB (très haute protection).

Un SPF 50 laisse donc passer deux fois moins de rayons UVB qu’un SPF 30 (2 % contre 4 % de transmission réelle).
Il est nécessaire de renouveler l’application de crème solaire toutes les deux heures, l’indice 50/50+ ne garantie pas une protection plus longue dans la durée. 

Lorsqu’un bilan est réalisé suite à la détection d’une anomalie de la peau, des prélèvements peuvent mettre en évidence un cancer.

Ce diagnostic nécessite d’être explicité et un plan de traitement doit être établi. Pour ce faire, le dossier sera présenté en en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP).

Lors d’une consultation, l’annonce et les explications de la décision prise en RCP sont exposées au patient et à ses proches et un PPS (Plan Personnalisé de Soins) est remis. Plusieurs possibilités de traitements sont alors envisageables : chirurgie, curiethérapie, traitements médicaux (hormonothérapie, thérapies ciblées, immunothérapie) et/ou radiothérapie.

Carcinome basocellulaire

Ce cancer ne donne pas de ganglions ni de métastases. L’évolution est locale avec destruction des tissus adjacents à la tumeur. L’exérèse chirurgicale complète permet la guérison. L’ICL propose également un traitement par curiethérapie quand la localisation et la taille de la tumeur le permettent.

Le risque de développer un second cancer cutané ou une récidive nécessite une surveillance régulière avec un examen clinique réalisé tous les 6 mois pendant 5 ans. La photo protection est indispensable.

Carcinome épidermoïde cutané

Contrairement au carcinome basocellulaire, ce cancer peut s’étendre aux ganglions et donner, rarement, des métastases. Selon le risque évolutif de la tumeur, une exploration des aires ganglionnaires par échographie peut être proposée.

Le traitement de référence est la chirurgie par exérèse complète de la tumeur avec marges de sécurité.

La curiethérapie peut également être proposée en fonction de la taille et de la localisation de la tumeur.

La radiothérapie peut être proposée si la chirurgie est contre-indiquée ou entraînerait des séquelles fonctionnelles ou esthétiques majeures ou en complément de la chirurgie si le risque de récidive locale est important.

Comme pour le carcinome basocellulaire, une surveillance régulière est nécessaire avec un examen clinique tous les 3 à 6 mois pendant 5 ans selon le risque initial. Il inclut la palpation des aires ganglionnaires.

La photo protection est indispensable.

Mélanome

Le mélanome est une forme plus grave de cancer de la peau car le risque métastatique est plus important.

Le premier temps du traitement consiste en une exérèse de la lésion cutanée pigmentée pour faire le diagnostic de mélanome et mesurer son épaisseur en millimètres (indice de Breslow).

Une fois l’indice de B   reslow connu, des examens d’imagerie adaptés (échographie, scanner ou TEPscanner) sont prescrits pour rechercher une dissémination à distance.

Une chirurgie est ensuite organisée en second temps pour retirer une marge de sécurité autour de la cicatrice qui dépend de l’indice de Breslow.

Si le mélanome présente une épaisseur supérieure à 0,8 mm, la recherche du premier ganglion drainant la zone (ganglion sentinelle) est proposée.

Lorsque le risque de récidive est élevé, des traitements médicamenteux complémentaires oncologiques sont proposés (immunothérapie ou thérapie ciblée).

De même, lorsque la chirurgie initiale n’est pas envisageable (mélanome inopérable ou métastatique), une immunothérapie ou une thérapie ciblée seront proposées.

La radiothérapie sera proposée pour traiter des métastases isolées (notamment cérébrales ou osseuses) ou soulager certains symptômes.

La surveillance est indispensable :

  • Examen clinique complet : Tous les 3 à 6 mois pendant 5 ans, puis annuel à vie.
  • Bilan d’imagerie réalisé de façon personnalisée selon le stade initial.
  • Mesures d’hygiène : photo protection stricte et auto-examen régulier de la peau.

L’Institut de Cancérologie de Lorraine propose un parcours personnalisé et coordonné dans la prise en charge des cancers cutanés.

Le parcours Cutané permet aux patients atteints d’un cancer de la peau (carcinome basocellulaire, carcinome épidermoïde, mélanome…) d’être pris en soins au sein de l’Institut de Cancérologie de Lorraine.

Ce parcours permet au patient de bénéficier d’un diagnostic, d’un traitement (par chirurgie, radiothérapie, immunothérapie…) et d’une surveillance dans un souci de prise en soins globale adaptée à chaque patient.

Ce parcours est coordonnée avec le service de dermatologie du CHRU de Nancy.

Un contact unique

L’ICL a mis en place un numéro unique pour les patients, médecins traitants, et dermatologues qui veulent prendre un rendez-vous à l’Institut.

Logo Parcours Cuntané ICL

Suspicion ou diagnostic de cancer de la peau ?
Appelez le 03 83 59 85 66 pour une prise en charge dans des délais adaptés (de 9h à 17h du lundi au vendredi). Une lettre de votre médecin traitant ou d’un dermatologue vous sera demandé. 

Une prise en charge optimisée

La mise en place du parcours Cutané permet d’offrir des délais de prise en charge adaptés, une expertise complète de l’établissement et une prise en charge personnalisée pour les patients.

Des professionnels à l’écoute

Médecins, radiologues, chirurgiens, radiothérapeutes, oncologues, infirmières de parcours, assistantes médicales … L’ensemble des professionnels de santé impliqués dans le traitement d’un cancer de la peau sont à l’écoute des patients pris en charge au sein du parcours.

Un suivi permanent

De la prise en charge à la fin du traitement grâce au Plan personnalisé de soin (PPS) et après votre traitement grâce à un Programme personnalisé de l’après cancer (PPAC). Un accompagnement est possible par une infirmière de parcours tout au long de la prise en charge.

Découvrez les essais cliniques en cours à l’ICL concernant les cancers de la peau.

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